REP Emballages : ce qui change réellement au 1er janvier 2027
La Responsabilité Élargie du Producteur repose sur un principe simple : l’entreprise considérée comme producteur doit contribuer à la prévention et à la gestion de la fin de vie des emballages qu’elle met sur le marché.
La filière couvre désormais l’ensemble des emballages professionnels, en intégrant les emballages industriels et commerciaux et ceux de la restauration. L’ADEME confirme que son déploiement complet est prévu au 1er janvier 2027.
Trois éco-organismes ont été agréés pour cette filière : Citeo Pro, Léko Pro et Twiice. Des systèmes individuels ont également été agréés pour certaines solutions d’emballages réemployables.
Pour autant, toutes les entreprises qui possèdent des déchets d’emballages ne sont pas automatiquement « producteurs » au sens de la REP. C’est l’un des points à clarifier en priorité.
Exemple terrain : un entrepôt reçoit chaque semaine des produits sur palettes, entourés de film étirable et conditionnés dans des cartons. Il génère beaucoup de déchets d’emballages, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’il est le producteur REP de l’ensemble de ces emballages. Son rôle doit être déterminé selon la manière dont les produits et emballages ont été mis sur le marché.
La première action de 2026 consiste donc à ne pas confondre producteur d’un déchet et producteur au sens de la REP.
Qui est concerné par la REP des emballages professionnels ?
Le règlement européen sur les emballages a modifié la définition du producteur. Le ministère distingue notamment plusieurs situations.
Pour les emballages de vente et les emballages groupés, le producteur peut être le fabricant, l’importateur ou le distributeur du produit emballé. Pour les emballages de transport, de service ou de production primaire, l’analyse porte davantage sur le fabricant, l’importateur ou le distributeur de l’emballage. La première mise à disposition sur le territoire français joue un rôle déterminant.
Cela nécessite souvent de regarder concrètement les circuits achats et logistiques.
Prenons une PME qui commercialise sous sa propre marque des produits conditionnés par un sous-traitant. Elle ne peut pas conclure automatiquement que le conditionneur prendra en charge toute la REP. À l’inverse, une entreprise qui reçoit simplement des marchandises emballées pour son usage propre peut avant tout être détentrice de déchets d’emballages.
Pour préparer l’échéance, construisez un tableau très simple :
| Question | Information à identifier |
|---|---|
| Quels emballages utilisons-nous ? | Carton, film plastique, palette, fût, IBC, caisse… |
| D’où viennent-ils ? | France, UE, import hors UE |
| Qui met le produit emballé sur le marché ? | Nous, fournisseur, distributeur, importateur |
| Sous quelle marque ? | Notre marque ou celle du fournisseur |
| Quel volume annuel ? | Unités, poids ou tonnage |
| Que devient l’emballage ? | Réemploi, recyclage, déchet |
Cette cartographie permet d’engager ensuite le dialogue avec l’éco-organisme ou le conseil réglementaire compétent.
Emballage plastique, carton, palettes : commencez par mesurer vos flux
La REP ne doit pas rester un sujet purement administratif. Elle oblige aussi les entreprises à mieux comprendre ce qui circule réellement sur leurs sites.
Dans beaucoup d’entreprises, les achats savent combien de produits sont commandés mais pas combien de kilos de carton, de palettes ou d’emballage plastique accompagnent ces marchandises. La logistique connaît les volumes manipulés mais rarement leur devenir exact.
2026 est donc le bon moment pour réaliser une photographie des flux.
Exemple terrain : une plateforme logistique reçoit des palettes filmées et des produits dans des cartons de regroupement. Après déballage, cartons et films sont jetés dans le même compacteur. L’entreprise sait combien de palettes entrent sur son site mais ne dispose d’aucune donnée fiable sur les quantités respectives de carton et de plastique.
Une première campagne de pesée ou l’exploitation des données de collecte permet déjà d’obtenir des ordres de grandeur.
La démarche peut commencer avec quatre actions :
- identifier les principaux emballages entrants et sortants ;
- mesurer ou estimer leur quantité annuelle ;
- distinguer les emballages réemployés de ceux qui deviennent déchets ;
- vérifier comment chaque matière est aujourd’hui collectée et valorisée.
Cette analyse peut également révéler des possibilités d’amélioration indépendantes de la REP : cartons mieux séparés, films plastiques isolés, palettes orientées vers le réemploi ou fréquence de collecte mieux adaptée.
GreenRécup’ accompagne justement les entreprises dans l’organisation de la collecte des déchets professionnels et leur orientation vers des filières adaptées.
REP Emballages : les 5 actions à mener avant fin 2026
Attendre janvier 2027 pour commencer est probablement la moins bonne stratégie. Le travail préparatoire peut être engagé sans bouleverser l'organisation.
1. Déterminer votre rôle
Êtes-vous producteur au sens de la REP, simple détenteur de déchets d’emballages, ou les deux selon les flux ?
2. Cartographier les emballages
Ne partez pas uniquement des déchets. Regardez également les achats, importations, produits commercialisés et emballages de transport.
3. Fiabiliser les données
Poids, matières, quantités, réemploi : identifiez où se trouvent les informations et qui en est responsable.
4. Vérifier votre organisation de tri
Un emballage plastique mélangé au DIB, un carton humide ou une palette jetable qui pourrait être réemployée représentent autant de pertes de performance. Le futur dispositif prévoit notamment des soutiens destinés à améliorer le tri et le recyclage des déchets d’emballages professionnels.
5. Préparer la relation avec l’éco-organisme
L’ADEME recommande aux producteurs concernés d’anticiper leur adhésion avant le démarrage opérationnel de la filière.
La REP peut aussi devenir un levier de réduction des déchets
La REP Emballages ne se limite pas au financement de la fin de vie. Le dispositif poursuit également des objectifs de réduction, de réemploi, d’écoconception et de recyclage.
Le cadre réglementaire prévoit notamment de réduire d’au moins 5 % les quantités de déchets d’emballages professionnels en 2030 par rapport à 2010, ainsi que de développer le réemploi des emballages de transport et de regroupement.
Pour l’entreprise, cela peut conduire à remettre en question certaines habitudes : pourquoi cette référence arrive-t-elle avec trois couches de film plastique ? Cette palette peut-elle repartir chez le fournisseur ? Le carton de regroupement est-il nécessaire ? Le format pourrait-il être standardisé ou réemployé ?
C’est aussi là que la gestion des déchets rejoint les achats et la logistique.
La valorisation des déchets professionnels permet ensuite de travailler sur la qualité des flux qui ne peuvent être évités ou réemployés.
Conclusion : faire de 2026 une année de préparation
La REP Emballages professionnels sera pleinement opérationnelle à compter du 1er janvier 2027. Pour les entreprises concernées, l’enjeu des prochains mois est donc très concret : déterminer leur statut, identifier les emballages mis sur le marché, fiabiliser leurs données et vérifier l’organisation de leurs flux.
Le meilleur point de départ n’est pas nécessairement un grand audit réglementaire. Commencez par vos emballages les plus fréquents : cartons, palettes, films et autres emballages plastiques. Qui les met sur le marché ? Combien en utilisez-vous ? Que deviennent-ils ?
Cette photographie permet à la fois de préparer la REP et d’identifier des améliorations immédiates dans le tri, la collecte et la valorisation.
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